Tu le sais, public-chéri-mon-amour, je m'adonne au tapis de marche [mais si, je t'en ai causé ici].
J'ai trouvé une salle de sport pas trop loin d'EmeraudeVille. Une boite assez sérieuse : tests d'effort, programmes personnalisés, tout ça tout ça. Une
carte pour entrer, une clef pour faire fonctionner les machines rangées par thème. C'est propre et coloré. Des postes de télé silencieux tout
partout, connectés à différentes chaînes. Et bien évidemment, la musique idiote hurlée via haut-parleurs. Mais j'ai mon arme spéciale: ze grinch !
Chaque inscrit a plusieurs programmes à suivre en alternance. La clientèle est plus sérieuse que ce que j'ai eu l'occasion de voir ailleurs: pas de frimeur muscles en avant, pas de pétasse en
collant brillant, pas de dragueur pénible. Les deux "moniteurs" y veillent très cordialement.
Bon, j'y vois tout de même cette faune curieuse qui arrive maquillée comme un camion volé, fait les exercices de son programme une serviette autour du cou, vide
consciencieusement sa petite bouteille d'eau et repart sans avoir sué la moindre goutte...
Lorsque je m'y suis inscrite, je les ai tout de suite prévenus : la MiC est asociale !
La MiC vient, la MiC fait son truc et puis la MiC s'en va.
Pas la peine de lui causer, de lui faire la conversation.
Je fus polie mais ferme.
Ils ont compris.
Un peu têtus, ils ont malgré tout tenu à me préparer 4 programmes... que -pleine d'une bonne volonté inattendue [faiblesse dûe à un air légèrement
iodé?] j'ai suivis pendant quelques semaines.
Et puis j'en suis revenue à mon_programme_à_moi_que_j'aie : tapis de marche, abducteurs, adducteurs, abdos.
Bon d'accord, je me laisse parfois aller à la fantaisie d'alterner abducteurs / adducteurs avec épaules.
Un caprice...
Je tâche d'y aller deux-trois fois par semaine [un peu moins en ces temps de dos douloureux] C'est qu'il me faut t'avouer qu'à ne pas
bosser, je fais du lard. Disons les choses comme elles sont: je suis aussi grasse qu'un loukhoum! Un loukhoum hâlé, oui, mais un loukhoum
quand même...
Je m'en vais donc marchouiller sur mon tapis de marche régulièrement.
Voui, marchouiller. Pas plus [cartilage du genou DROIT en décomposition... quand je te dis que je pars en kit]
Puisque tu veux tout savoir, moyenne 3 km par séance, à 5 km/h sur une pente à 3,5.
Je m'applique, je m'accroche.
Et là, je te vois ricaner doucettement: "Elle n'aime pas les gens, mais elle est bien obligée de les cotoyer dans cette immense salle de sport".
Hé ben non !
La salle est ouverte de 6h du matin à 23h tous les jours de l'année.
Et toc...
Donc j'y vais tard le soir [voui, la MiC n'est pas du matin. mais alors pas du tout] et les jours fériés. A l'heure où le
beauf s'affale devant sa première chaîne anesthésiante, où le Bobo épluche son Télérama à la recherche de quoi occuper sa soirée, où tu
t'attelles à ton xxx, ton article ou ton crobar, où George s'attable devant son p'tit café [il vit bien à L.A. le garçon
?] Carlos m'emmène transpirer tranquillou, le Grinch aux oreilles : disco music ou B.B. King
Le rapport avec le foot cité en titre arrive à cet instant précis.
Hier soir, j'étais z'au sport.
Et hier, c'était match de foot. La ligue de l'euro de la coupe du socker.
Je marchouillais donc, Shirley & Co aux oreilles [Shame, shame, shame... oooooh shame on you] match de foot sous les
yeux.
Pas le choix, je décidais donc de m'intéresser.
Oh, j'avais déjà subi les affres d'un match de foot chez Silia. PSG /
Quelque chose [ah j'en ai fait des sacrifices pour les copines]
Une piqûre de rappel ne pouvait faire de mal à mon intellect.
De fait, Télérama avait bien tenté de m'expliquer la gestuelle du foot... en vain.
Déjà, je perçois comme un favoritisme certain dans les caméras. Ils sont une grosse vingtaine à s'agiter sur le terrain, on n'en voit que 3 ou 4 en gros
plans. Deux noirs beaux et musclés, un beur ténébreux [autant pour les xénophones primaires!] et un tout couturé. Comme ce
sont ceux en bleus qu'on voit le plus souvent, j'en conclus que "les autres" sont en jaune.
Je tâche de me concentrer ; mon attention est vite distraite par tous ces panneaux publicitaires animés.
Ça court, ça s'arrête.
Allons bon.
Ah oui, un joueur est tombé dans une atroce grimace de souffrance. On le voit au ralenti.
Oh ben dis donc, ça guérit vite sur un terrain de foot: le voilà déjà debout en train de sautiller.
Gros plan sur la foule qui hurle et glapit
Ça repart, ça s'arrête, ça sautille.
Gros plan sur des petits gars en survêtement qui sautillent sur le bord du terrain.
Ça repart, ça s'arrête
Enfer, une chute terrible avec roulade dans l'herbe.
Ah non, il est déjà debout et plein de vie [note à moi-même: prévoir la prochaine gamelle sur une herbe footballistique]
Ça repart, ça court, ça s'arrête.
Ça papote sur le terrain, ça applaudit en l'air.
Moult gros plans sur des petits gars grimés dans la foule
C'est là que le déclic s'est fait dans ma tête : un match de foot, c'est franchement aussi assommant qu'un match de baseball !!!
Et je sais de quoi je parle, j'en ai fait les frais ! Il y a quelques années, je travaillais dans une boite d'aéronautique où une collègue et moi avions été envoyées travailler une semaine à
Phoenix, Arizona [le seul mois d'août où il a plu des cordes pendant une heure] Dans le cadre des sorties, on nous
avait emmenées assister à un match de baseball.
Comme pareil.
C'est long.
Il ne se passe quasiment rien.
Alors on occupe la foule en la filmant, en lançant des musiquettes idiotes -Tatata Tataaaaa-, en affichant des gros plans sur de grands écrans.
Nous sommes parties en cours de partie.
Ça doit être mon côté fille, mais je trouve ça vain.
C'est le seul mot qui me vienne à l'esprit.
Vain.
Et vénal.
merci Geluck
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Te souviens-tu,
public-chéri-mon-amour, mes conversations téléphoniques kafkaïennes d'il y a quelques mois [
Forte de ces documents, je me suis donc déplacée ce
matin à mon nouveau centre de Sécu.