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"Quand je me regarde, je m'inquiète.
 Mais quand je me compare, je me rassure."
Mardi 1 juillet 2008

J'entends que le système bonus/malus instauré par le gouvernement sur les voitures polluantes coûte des sous. Je rappelle le principe : les acheteurs de voitures neuves dites polluantes paient une prime "malus" et les acheteurs de voitures neuves non polluantes touchent une prime "bonus". Les technocrates ont calculé que malus et bonus s'équilibraient.

Las ! Voilà t'y pas que cette initiative a eu du succès et que les bonus dépassent les malus. L'opération coûterait au gouvernement la bagatelle de 200 millions d'euros (je mets le conditionnel parce que je suis très méfiante quant à ce qu'on fait dire aux chiffres)

La solution logique serait donc de déplacer le curseur malus/bonus de façon à atteindre un niveau d'équilibre.
Non ?

Non : notre gouvernement a décidé que le malus serait payé par les acheteurs de voitures polluantes tous les ans. Mais les acheteurs de voitures non polluantes ne toucheraient le bonus qu'une seule fois.

Je te laisse songer, public-chéri-mon-amour, aux corrélations que cela implique : revente des véhicules polluants (pour rappel, il ne s'agit pas que des gros 4x4 immatriculés 75, mais aussi des belles voitures comme Porsche ou les Audi), partialité, etc.

Et tu sais quoi : ÇA M'AGACE AU PLUS HAUT POINT !
Parce que ça passe, sans que quiconque ne manifeste le moindre courroux.
Une pierre de plus dans notre jardin de citoyens consommateurs.

Il y a déjà la grosse pierre noire du carburant donc le prix flambe sans acune raison logique sinon une spéculation de bien mauvais aloi (du carburant fossile, il y en a encore dans les entrailles de notre terre. pour peu de temps à l'échelle planétaire, mais il en reste). Il y a la pierre ocre des denrées alimentaires dont les prix flambent pour la même raison : spéculation (des populations se nourrissent d'argile parce qu'un gras du bide a décidé d'agioter sur le prix du riz). Il y a la pierre jaune de l'emploi pénible à garder, difficile à trouver avec les décisions ridicules et illogiques prises par le gouvernement (on ne me fera pas croire qu'un patron va embaucher quelqu'un qui doit se fader des heures de route, ce quelqu'un est éliminé d'office de la sélection). Il y a la petite pierre bleue de l'écologie régulièrement écrasée par la boue gluante qui suinte de la pierre noire (tout le monde est d'accord pour dire que oui, c'est important, personne n'est prêt à faire l'effort requis)

Et qui réagit ?
Personne.
C'est l'été.
Les tongs, le soleil.
Le foot, le tennis, le Tour de France.

Dès qu'un journal un peu subversif (Le Canard Enchaîné, et... heu...) nous fait remarquer un hiatus crétinissime, un nième abus de pouvoir qui pourrait nous interpeler, une information people de la plus haute importance noie l'éventuelle réaction que l'on pourrait avoir (non, je ne détaillerai pas). Point people largement relié par TF1. 

Ah la télé... parlons-en. Nous le savons tous, TF1 est à la solde de notre roi-élu qui y gère le casting des têtes d'affiche. Bientôt le Service Public en sera de même (pas la peine de hurler, on sait le pourquoi de la suppression de la pub). Et que voit-on à la télé ? Un sport publicitaire qui nous serine quel bonheur ce sera de pouvoir faire des heures supplémentaires pour gagner plus de sous à dépenser (la première fois que j'ai aperçu cette pub, j'ai eu une grande joie : quelques secondes, j'ai cru au retour de Les Nuls). Je suis cadre, des heures supp' je n'en fait contractuellement pas. Je serais institutrice ou bibliothécaire (coucou Silia, coucou 
Bertand) il en serait de même. Gagner plus m'intéresse, oui... pour payer mon carburant (je roule au GPL, à l'origine résidu de fabrication du carburant, mais je t'assure que ça augmente méchamment aussi) dont plus de 50% part en taxe...

Oui, il faut dépenser son argent, le gouvernement y tient.
Pour qu'une élite s'enrichisse.
C'est tout. 
Les actionnaires dirigent les entreprises.
Facteur humain zéro.
Actionnariat souverain.

A la fin des nouvelles, j'apprends que le Plazza Athénée va ouvrir une suite de 400 m² à 10 000 € la nuit. Le vulgum pecus rêve de gagner au loto pour s'offrir une nuit dans ce logement ridicule. Ou se dit que ce n'est pas pour lui. Et s'accroche aux derniers potins.
Il ne réfléchit plus.
Il ne réagit pas.
Ne réagit pas.

publié dans : humeurs... ben ouiche
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