Samedi, j'eus vieilli
Un compte rond tombait samedi. Il me faut te dire, public-chéri-mon-amour, que j'ai instauré depuis quelques années un système que je trouve bien pratique
et que donc je pratique: je me vieillis de cinq années tous les cinq ans. L'âge n'a pour moi que l'importance que je lui donne... et comme j'en suis encore à glousser pour des
sottises de collégienne, tu comprends que je lui en donne bien peu.
Comme je ne tiens pas aux chiffres impairs, depuis mes 43 ans, j'en affiche 45. Et il en sera ainsi jusqu'à mes 47 ans où j'en annoncerai 50. Ne fronce pas le sourcil, j'en connais qui gèrent un
système bien plus complexe [regard appuyé vers une certaine MC²]
Or donc, le grand jour des 45 était samedi. Entre nous, je me suis levée ce matin-là ni plus sage ni plus délurée que le jour précédent. La matinée commença par un un bisou sincère de Fiston
[dont le bisou est rare et de fait d'une valeur inestimable]. Puis, comme tu le sais, je taillai la route vers la Côte d'Émeraude, avec un arrêt au Palais Royal.
Voui, voui : "le Palais Royal est un beau palais, toutes les jeunes filles sont à marier". Et le Palais Royal héberge de luxueuses galeries. Où j'avais décidé de m'offrir
mon cadeau de 45 ans.
Un flacon m'avait émerveillée il y a quelques publicités de cela :
Te souviens-tu ? Sarrazin de Serge LUTENS
Ces flacons à la forme d'une simplicité à la distinction achevée ne sont en vente qu'aux salons Shiséido, galerie de Valois. Un ami-très-cher m'a rappelé cet émerveillement aux alentours de Noël.
Décision était prise de m'offrir ce luxe fou pour mes 45 ans. Ce fut samedi.
Les salons du Palais Royal Shiséido... un autre monde, un endroit inouï. La boutique est petite, rien à voir avec les grands étalages frimeurs et achalandés. Les coloris
sont sombres, violets et prunes. Les vendeuses n'apparaissent que lorsque les clients se manifestent. Une classe folle. Je fus accueillie par une vendeuse attentive et
professionnelle. Il me fallait choisir une nouvelle fragrance... Cette dame a su comprendre ma demande, a saisi qu'il ne s'agissait pas d'un acte de frime mais d'un moment
d'importance.
La conversation roule. Parfum d'accroche... arôme dominant... senteur sous-jacente... J'accepte de laisser-aller. Je sens que notre conversation passe en mode échange.
J'hésitais entre deux parfums. Elle les a apposés à l'intérieur de chacune de mes poignées, là où palpite la veine, et m'a invitée à laisser agir en me promenant des les jardins. Ce que je
fis. Je te l'accorde, le moment où j'ai chanté la comptine à tue-tête au téléphone ne fut peut-être d'une délicatesse évidente [il est là, ce côté gamine qui me
fait avoir du mal à croire qu'il me faut être sage maintenant]
Retour dans la si délicieuse boutique. La main sur la poignée de porte, mon choix s'est fixé sur Chergui. J'ai bien sûr demandé à être servie par la même vendeuse. Cela me parait être un minimum de correction. Le geste semble être apprécié. Elle me dit que ce
parfum correspond vraiment à ma personnalité. Je l'ai sentie sincère: elle avait insisté pour que je le porte à mon autre poignet. Mon premier choix était Chêne, à l'accroche tout aussi âpre.
Chergui : le vent du désert... parfum de miel dominant mais qui "se mérite" car il ne se révèle par de prime abord.

Le flacon dans une boite. La boite dans un petit sac. Le petit sac dans un plus grand sac. La vendeuse m'offre un vaporisateur de sac, pour mon anniversaire. Dans un autre petit sac.
Attention bien agréable. Je l'ai sincèrement remerciée pour son aide précieuse et suis sortie comblée et consciente de la qualité de ce moment à part.
Je te présente mon flacon :

C'est la version simple et sans fioriture
La photo est auburn, je te l'accorde [photo flash intérieur]
Or figure-toi que ce parfum a les mêmes tons que mes cheveux...